Dieu rassemble son peuple, l’émerveillement et la Parole de Dieu, semences de la fraternité. Saint Pierre-Julien Eymard disait : « l’Eucharistie est le pain, le mets commun, le trait d’union de tous les enfants » (Prédication publique 36,1). Dieu de sa propre initiative et en son nom convoque et réunit les fidèles. La célébration eucharistique réunissant des fidèles est différente de toute association de personnes. Celle-ci est régie par des statuts auxquels tous s’y astreignent avant toute prise de décision. Ici l’on vise divers buts : organiser des compétitions sportives, promouvoir une cause, réparer des édifices communs, réaliser des actions à caractère humanitaire…Il en est autrement pour la célébration eucharistique : l’amour de Dieu rassemble et meut les fidèles. Les personnes se reçoivent les unes les autres comme convoquées par Dieu. Dieu est présent dans la communauté comme le Christ l’a promis : « »Lorsque deux ou trois sont rassemblés en mon nom, je suis là, au milieu d´eux » (Mt 18, 20). En effet, dans la célébration de la messe où est perpétué le sacrifice de la croix, le Christ est réellement présent dans l´assemblée elle-même réunie en son nom, dans la personne du ministre, dans sa Parole et aussi, mais de façon substantielle et permanente, sous les espèces eucharistiques » (P.G.M.R.,27). Dieu fait resurgir chez les fidèles la grâce d’émerveillement.
Le trait d’union des fidèles est bien cet émerveillement produit en eux par la grâce débordante de la messe. Elle est là à travers les étincelles dans les yeux, les rires, les visage détendus ; à gauche les gens ont l’air joyeux, à droite les choristes répètent les chants de la messe, ici les servants arrangent les prie-Dieu, les livres et les objets liturgiques, là-bas les fidèles prient prêts à écouter, à agir, à partager. Les fidèles se retrouvent ensemble pour dire merci à Dieu pour son amour débordant pour l’humanité. Il est important d’accueillir, d’entretenir ce don pour une bonne croissance tant personnelle que fraternelle. « La rencontre avec Dieu n’est pas le fruit d’une recherche intérieure individuelle, mais un événement donné : nous pouvons rencontrer Dieu à travers le fait nouveau de l’Incarnation qui, dans la dernière Cène, va jusqu’à désirer être mangé par nous. Comment la disgrâce de perdre la fascination de la beauté de ce don pourrait-elle nous arriver ? ». (Pape François, Desiderio desideravi, Sur la formation liturgique du peuple de Dieu, 24). Emerveillés, les fidèles ont soif d’écouter Dieu qui leur parle : la Parole de Dieu.
Les chrétiens sont invités à raviver en eux, le bonheur d’écouter et de se nourrir de la Parole de Dieu. Téléphones éteints, les fidèles écoutent la Parole de Dieu. Car « L’écoute des lectures bibliques, prolongée dans l’homélie, répond à quoi ? Elle répond à un droit : le droit spirituel du peuple de Dieu à recevoir avec abondance le trésor de la Parole de Dieu (cf. Introduction au lectionnaire, n. 45) » (Pape François, Catéchèses sur l’Eucharistie, La liturgie de la Parole de Dieu). Christ présent dans l’Assemblée des fidèles est aussi présent dans sa Parole.
Les chrétiens se laissent ainsi guider par l’Esprit Saint dans l’écoute et l’obéissance à cette Parole. La Parole offre la possibilité au fidèle de se rapprocher de Dieu et des autres. La Parole de Dieu questionne notre écoute de Dieu et des autres, notre relation à Dieu et aux autres. Ainsi la Parole de Dieu est-elle le lieu de la maturation, non seulement de la foi du fidèle mais aussi de la vraie fraternité. Aussi sommes-nous invités à la conversion et à œuvrer pour les communautés fraternelles puisque « celui qui fréquente la Parole de Dieu reçoit des retournements existentiels salutaires : il découvre que la vie n’est pas le temps pour se méfier des autres et se protéger soi-même, mais l’occasion pour aller à la rencontre des autres au nom du Dieu proche » (Pape François, Homélie du Dimanche de la Parole de Dieu, 24 janvier 2021).
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